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04 mai 2008
Actualisation des devis de la formation générale au collégial
Une onde de choc dans les milieux : la FEC-CSQ réclame une consultation crédible
Après avoir élaboré avec discrétion sa proposition en vue de l'actualisation des devis de la formation générale au collégial, le ministère de l'Education, du Loisir et du Sport (MELS) procède actuellement, dans la confusion et à toute vapeur, à la consultation qui doit précéder son adoption en juin. "Après avoir retiré de son projet de modifications au Règlement sur le régime des études collégiales (RREC) les propositions qui touchent la révision des devis de la formation générale il y a plus d'un an, le MELS continue de soustraire au débat public la nature de ses véritables intentions. Tout indique que, dans le climat houleux qui entoure la Réforme de l'élémentaire et du secondaire, le MELS préfère passer par la porte de derrière", observe Mario Beauchemin, président de la  Fédération des enseignantes et des enseignants de Cégep (FEC-CSQ).

"Actualisation" ou changement de cap ?


    Pour la FEC-CSQ, la proposition ministérielle propose une vision nouvelle de la formation générale au collégial, qui la rattache plus étroitement à l'ordre secondaire et aux demandes du marché du travail. L'approche qui prévaut encore actuellement est basée sur l'acquisition d'un fond culturel commun et sur la spécificité de l'apport des disciplines porteuses. La formation générale serait dorénavant "actualisée" par l'introduction d'une approche qui privilégie des compétences génériques intégrées en un Profil de sortie, appelé Contribution de la formation générale au programme d'études de l'étudiante ou de l'étudiant. Comme en formation spécifique, les compétences génériques ne sont associées à aucune discipline. Plusieurs s'inquiètent du fait que le projet ministériel puisse ouvrir la porte à une compétition malsaine entre disciplines, désireuses d'offrir des cours liés à ces compétences. Par exemple, la part accordée à la correction de la langue dans les cours de français vient limiter la place consacrée à l'enseignement de la littérature, alors que le MELS considérait auparavant la maîtrise de la langue acquise à la sortie du secondaire. "Il serait irréaliste que la ministre Courchesne accorde de la crédibilité à un exercice aussi improvisé. La consultation actuelle ne semble être qu'un paravent et l'"actualisation" ressemble plutôt à un changement de cap", précise Mario Beauchemin.

Une consultation boiteuse et précipitée

    Un changement de cap d'une telle ampleur ne peut pas se faire sans débats, à la sauvette, au moment de l'année où les enseignantes et les enseignants sont débordés par les épreuves de fin d'année et les corrections. Après être resté sourd aux demandes de consultation qui lui étaient adressées par des voix diverses, le MELS somme maintenant les enseignantes et les enseignants de réagir en moins d'un mois à une proposition soulevant des débats de fond. Pourtant, les conditions mises en place par le MELS sont chaotiques : certaines versions des documents acheminés aux départements diffèrent, alors que d'autres disciplines n'ont pas reçu l'ensemble des documents pertinents. "Il y a un profond malaise chez les enseignantes et les enseignants qui reçoivent des documents incomplets. Non seulement sont-ils surpris par la proposition d'actualisation, mais ils ne parviennent pas encore à la déchiffrer. Puisque la formation générale est une composante de tous les programmes d'études, tous les enseignants et tous les étudiants se sentent touchés par ces modifications. On a l'impression que les conclusions semblent coulées d'avance, les décisions déjà prises", déclare Mario Beauchemin.

    Le président de la FEC insiste pour réclamer la mise en place d'un véritable cadre consultatif permettant le débat en profondeur. "Le MELS doit mettre de l'avant le plus rapidement possible une consultation qui permette plus de transparence et de rigueur. Le temps nécessaire doit être accordé aux enseignantes et aux enseignants, afin qu'ils puissent mettre à contribution leur expertise de praticiens de première ligne. Nous assistons aujourd'hui à une onde de choc dans les milieux", conclut Mario Beauchemin.

Profil de la CSQ


    La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est l'organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. Elle compte en ses rangs, la Fédération des enseignantes et des enseignants de Cégep (FEC-CSQ).


Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse CSQ, Bur. (514)
356-8888 poste 2610, Cell. (514) 235-5082
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